Manaudou, le dopage et les no show !

[Billet d’humeur]

manaudou

Depuis quelques jours, on ne parle plus que de Laure Manadou. De son retour, au Championnat de France à Dunkerque, et de sa qualification pour les Jeux Olympiques. Le retour de l’enfant prodigue fait vendre du papier, et les journaux en profitent. Le sujet de cet article, c’est le dopage !

Mais ce n’est pas le sujet de cet article. En effet, dans un interview avec la presse, la nageuse a fait une confidence plutôt étonnante pour un sportif : Elle a avoué que si elle ratait encore un contrôle anti-dopage, elle serait suspendue. Car Laure Manaudou est sous la menace d’un « no show », après deux contrôles ratés.  «Une fois, je m’étais plantée d’heure, l’autre j’étais partie au resto à une réunion du Cercle des nageurs», explique Manaudou au Parisien.

Avec son retour à la compétition, elle est maintenant comme les autres sportifs, obligée de se soumettre à un contrôle précis de sa localisation. Et la peur de rater un contrôle la hante : «Dans l’esprit des gens, c’est comme être positif… Depuis, je vis dans un stress permanent pour ne pas me tromper d’une minute ou d’un numéro de rue dans mes indications de localisation. Sinon, c’est fini!».

Ce qui m’interpelle, dans cette situation, c’est que la nageuse a choisi de communiquer sur cette situation. Elle a décidé de ne pas subir les médias, d’anticiper, et d’expliquer. C’est très intéressant, et nouveau pour une sportive qui a souvent manqué de recul et de perspicacité. On avait eu l’occasion de s’en rendre compte après son tweet sur la tuerie de Toulouse.  Dans ses choix de carrière, elle a aussi souvent fait preuve d’impulsivité, et de manque de recul. (…)

Aujourd’hui, elle essaye de se détacher de tout cela : « Ce n’est pas catastrophique, mais j’ai été maladroite et des gens ont réagi très négativement, même si je n’avais rien dit de méchant ou de blessant. C’était surtout des mecs qui réagissaient mal et c’était un peu « offensif »… Mais j’ai aussi le droit de donner mon avis. J’ose le faire, même si cela ne plaît pas à tout le monde et que je me fais « casser » après. Je suis bien dans ma peau et je suis contente de m’affirmer. Il y a quatre ans, les gens gueulaient parce que je ne disais rien et que j’étais renfermée. Maintenant que j’ouvre un petit peu ma bouche et que je prouve que je n’ai pas le nez dans l’eau à compter les carreaux, les gens ne sont pas contents non plus… Ceux qui critiquent, si ça « fait » leur journée, tant mieux! »

Aujourd’hui, elle décide de parler d’une situation qui pourrait la priver des Jeux Olympiques. Et cherche à expliquer aux gens que les « no show » sont fréquents, et pas forcément synonyme de dopage. En rugby, Yoann Huget a raté la Coupe du Monde en Nouvelle Zélande et a été suspendu pour trois no shows. En cyclisme, Yoann Offredo et Grégory Baugé en ont récemment fait les frais, le dernier perdant même un titre mondial avec une suspension rétroactive. Dans la voile, Félix Pruvot a lui aussi été suspendu récemment pour 3 contrôles râtés

L’utilisation du logiciel de localisation ADAMS est un vrai calvaire pour les athlètes. Laure Manaudou explique même que « c’est pour ça que j’avais signé ma lettre d’arrêt en 2009. Je ne voulais pas continuer de vivre avec cette contrainte et me dire que cela pouvait me faire rater les Jeux. »

Alors même si la lutte antidopage est vitale, peut-être faudrait-il assouplir la règle des « no show». Car ce n’est pas forcément synonyme de dopage.

Il faudrait laisser à nos champions la possibilité de se « tromper » dans leurs localisations, comme ils peuvent parfois se « rater » dans leurs performances sportives.

L’échec sportif est accepté par tous. Pourquoi l’échec humain ne le serait-il pas ?

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