La vidéo, l’avenir de la voile ?

©Yvan Zedda

Et si une partie de la réponse au problème de médiatisation de la voile se trouvait dans la production d’image vidéo ?

Aujourd’hui, le public a besoin de vivre l’événement de l’intérieur. Et les différents supports utilisés par la voile moderne ne rendent pas cela très simple. Parfois, il est impossible d’embarquer un caméraman, ou les conditions ne permettent pas de faire d’images, sans un matériel adapté.

C’est le cas notamment sur les bateaux de la Volvo Ocean Race. Pour résoudre ce problème, l’organisateur a tout simplement rajouté un équipier, en charge quasi uniquement de produire des images. Cela permet ainsi, quelque soient les conditions, d’être certain de disposer de contenus pour médiatiser l’épreuve.

Vous pouvez retrouver ici, un exemple du travail du média man sur un Volvo 70, dans des conditions compliqués.

Et ici, un exemple sur les Sailing Séries ici et ici

Si j’ai écrit cet article, c’est parce que je suis tombé sur cette série de vidéo du Match Race de Chicago, sponsorisé par Go Pro, fabricant des célèbres caméras.

La qualité de ce support fait réfléchir. Les images parlent d’elles-mêmes !
Et cela répond au problème : Les spectateurs veulent de « l’image embarqué », veulent de la sensation, veulent avoir l’impression de « vivre l’événement ». Je pense que ce genre d’image est clairement bon pour la voile.

Surtout si on le compare à d’autres initiatives, comme celle-ci, mise en place par le Tour Voile.
L’idée est très bonne, proposer une émission sur le Tour, pour découvrir les coulisses, c’est top.
Par contre, je pense que ce qui est fait actuellement est contre-productif. Cette émission ne fait vraiment pas quali, et ne valorise pas l’image de la course.

Ce n’est pas très compliqué d’équiper les bateaux de quelques caméras, comme il l’ont fait ici. Et je ne crois pas que le coût du montage soit important. Par contre, je suis convaincu que si de nombreuses séries étaient capables de produire de telles images, la médiatisation pourrait être plus importante.

Je sais que de nombreux sponsors travaillent sur ce point, mais ne pourrions nous pas réfléchir à une centralisation des besoins, et pourquoi pas réfléchir à des productions communes ?

Qu’en pensez-vous ?

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10 Responses to “La vidéo, l’avenir de la voile ?”

  1. monsieurjojo dit :

    Avant l’ère Internet, la voile souffrait (et souffre toujours) d’un manque de médiatisation sur le support télévisuel. Normal, puisque c’est un sport qui n’est pas populaire contrairement au football par exemple.

    Dans l’ère Internet aujourd’hui, le support ne peut plus suffire à excuser ce manque de médiatisation, en France du moins. Il suffit de voir ce que l’on fait outre-atlantique comme tu le souligne (Extreme 40 Series, AudiMedCup…)

    Reste aujourd’hui, à mettre les moyens financiers/techniques/humains pour palier à cela. Il est illusoire aujourd’hui de vouloir se focaliser à convaincre la production télévisuelle. Surtout que la télé se regarde aujourd’hui, aussi, sur Internet… CDFD ?

    Enfin, aujourd’hui, trouver un sponsor voile est de plus en plus difficile. Cela pourrait aider si derrière les évènements pouvaient garantir des retombées médias Web et Mobile. Pour les garantir, voir paragraphe précédent :-)

  2. Olivier dit :

    N’étant pas du tout « client » de la voile, mon avis peut avoir un intérêt :)
    Je pense que la voile manque de lisibilité en tant que sport. Une grande épreuve comme le Vendée Globe a du succès car elle est simple : les skippers partent de Vendée, sur des monocoques, font le tour de l’antarctique et reviennent aux Sables. Simple, lisible, efficace. De plus, les organisateurs du Vendée Globe ont, il me semble, réalisé des choses, dans le domaine du partage du contenu (photos et vidéo), facilitant la médiatisation de la voile.
    Je trouve que les autres épreuves sont trop compliquées pour toucher les néophytes (tous ceux vivants à plus de 100km des côtes!) et la médiatisation doit passer par un autre aspect que le sportif. Dans ce cas-là, la production de contenus (photos, vidéos HD, etc.) semble être un bon moyen d’attirer un nouveau public et d’améliorer la visibilité de la voile dans les médias.
    Qui doit organiser cette production? Les organisateurs? Les équipes? Les sponsors? En cas de centralisation, ne risque-t-on pas d’avoir un manque d’originalité? Les voileux ont encore du boulot :)

  3. Paul dit :

    Tout-à-fait d’accord avec tout ce qui a été dit. Les exemples des Extreme 40 Series (dont le buzz est aidé par leurs fréquents enfournements/chavirages et leur proximité avec la terre) ou l’Audi Med Cup sont excellents. Même si les moyens mis en place sur cette dernière compétition sont extrêmement coûteux, les retombées ont l’air de suivre. Ce serait intéressant d’avoir les chiffres.

    Quant à la centralisation de la production de contenus, c’est la solution. La difficulté réside dans la différenciation que souhaitent afficher les différents annonceurs, et les messages qu’ils souhaitent transmettre. Les sponsors n’ont pas tous les mêmes budgets dédiés à leur stratégie sponsoring.

    A suivre, le fonctionnement des MOD 70.

  4. Bressy dit :

    Merci Seb de lancer le débat ! Je pense comme vous tous que la vidéo et la diffusion via internet sont la solution de sortie pour la médiatisation de la voile.

    J’ajouterai que le public veut du direct et là, concernant la vidéo, ça se complique bigrement et les coûts explosent. Ca risque de changer mais pour le moment, les budgets ne sont pas là.

    Mais tout ceci reste un moyen. L’important, c’est le contenu, la ligne éditoriale. Comparez les vidéo du MatchRaceChicago avec le livestream du Tour. On est juste mort de rire ! D’un côté, un contenu (en différé), hyper dynamique, parfaitement mis en scène et court. De l’autre, un forum où on se regarde le nombril et que l’internaute quitte au bout de 2 minutes parce qu’on s’ennuie. Le marin n’est guère causant, à Chicago comme à Dunkerque. La mise en scène et la ligne éditoriale sont d’autant plus importantes.

    Je pense que la première issue, c’est le format du match racing. Les régates sont simples avec seulement deux bateaux, il y a souvent du close combat. Et surtout, les régates sont proches de la côte et donc filmable avec peu de moyens. C’est ce que fait très bien le World Match Racing Tour sur les événements avec peu de moyens : deux ou trois caméra IP longue focale à terre, des commentateurs assez entrainants. Une diffusion en live pendant 2 ou 3 heures maxi et des interviews le soir, courte, punchy. On a pas de temps à perdre, c’est efficace. Au portugal, ils était 13 dans l’équipe de prod vidéo, quand même…Ils sont 35 à la Moonson cup, la finale du WMRT.

    La vidéo ne fait pas tout, car elle produit un contenu esthétique mais explique mal le jeu, les caméras sont souvent assez (trop) basses. Le tracking est un complément essentiel. C’est le seul moyen faible coût pour prendre de la hauteur.

    Par ailleurs, l’internaute n’a pas de temps, donc les live tweets ont aussi énormément apporté. J’allais dire que c’est même la première brique à apporter.

    Il faut mettre ces moyens en place afin de rendre attractif le suivi d’un événement. C’est la seule façon pour voir venir (ou revenir) des sponsors afin de soutenir l’activité voile. Cette logique de retour sur investissement, très peu d’organisateur l’ont comprise, en France tout au moins. Très focalisés sur le sportif, ayant peur d’une approche sport-business, très peu formé à la recherche de partenaires financiers, la voile inshore regarde passer le train d’internet. C’est dommage mais faut rien lâcher !!!

  5. monsieurjojo dit :

    Paul « Les sponsors n’ont pas tous les mêmes budgets dédiés à leur stratégie sponsoring » : clairement, donc pour avoir un contenu homogène et de qualité, ce sont les prestataires et le coordinateur « digital » (ou community manager) qui doivent être correctement sélectionnés par l’organisateur. C’est à lui de piloter cela, à mon avis, et à lui seul. Mais encore une fois, il est nécessaire qu’il soit bien accompagné.

    Emmanuel « La mise en scène et la ligne éditoriale sont d’autant plus importantes. » : tout est dit. Il suffit pas de capter l’évènement, il faut traiter, agencer l’information que l’on veut transmettre, pour capter cette fois-ci le public.

    Emmanuel « Le tracking est un complément essentiel. C’est le seul moyen faible coût pour prendre de la hauteur » : le tracking apporte cette lisibilité à l’évènement dont parlait très justement Olivier. L’aspect pédagogique aussi est clairement à mettre en avant dans notre domaine. Voir la réussite de Virtual Regatta…

    Pour l’aspect « Social Media », on voit des appels d’offres y faire allusion ces derniers temps, en y lisant les mots « community management ». Et dans notre domaine vélique, ce dernier aspect a son importance, ne serait-ce que pour la notion de partage.

    Enfin, depuis quelques années on voit beaucoup de « teasers » vidéos vraiment sympathique, même en France, concernant certains évènements ou teams :-) Preuve est qu’il y a de la compétence, à user pour pousser encore plus loin !

  6. monsieurjojo dit :

    Un petit échantillon, avec les moyens de France Télévision. Cela donne ça : http://www.scoop.it/t/tour-de-france-a-la-voile/p/244196512/france-3-24-juin :-)

  7. Christophe dit :

    Je suis dubitatif concernant tous ces commentaires. Je suis curieux de voir les chiffres de retombées TV + Internet que ce soit sur l’AUDI MEDCUP ou le WMRT. Tout cela me fait fortement penser à une course en avant: nous n’avons pas de retombées parce que les diffuseurs traditionnels ne viennent pas produire et ne diffusent pas les image. Produisons donc, avec des moyens colossaux et créons nous nos propres circuits de diffusion afin d’avoir des justifs à montrer à nos partenaires… C’est un peu je paye pour voir et cela ressemble furieusement à une bulle Internet. Il est illusoire de croire que l’on va faire quelque chose de professionnel en voile sans moyen car c’est non seulement du matériel mais aussi des bonhommes, qu’il faut équiper, faire voyager outre les simples coûts de transmission (HF, satellite ou demain 4G).
    Quand je vois la débauche de moyens mis en place par l’ACUP afin de rendre sexy le produit je pense qu’il y a erreur à communiquer principalement sur ce point et qu’une règle de marketing de base est de concevoir des produits qui correspondent aux envies et besoins du public. Et le public veut quelque chose de lisible et simple, ce qui a été noté par ailleurs plus haut pour le Vendée Globe. C’est pour cela qu’il va être beaucoup plus intéressant de regarder ce qui se passe au niveau des règles de course que sur la technique video. Le choc va être rude s’ils veulent réellement attirer du public, car cela sera forcément un mixte de régates classiques et de shows.

  8. Sabrina dit :

    Derrière ces nouveaux modes de communication dans la voile, se cachent aussi des innovations technologiques.

    C’était l’angle de la journée Course au large et TIC du 19 Mai dernier à Lorient.

    Pour ceux qui veulent plus d’infos et visionnez le reportage sur le métier de média man, c’est ici : http://www.eurolarge.fr/2011/05/bilan-de-la-journee-course-au-large-et-tic-du-19-mai-2011/

  9. monsieurjojo dit :

    Je rebondis sur la centralisation dont parle Paul, concernant la production. Actuellement sur le tour (de France à voile bien sur), plein de petite vidéos, d’images sympas, bien dynamiques et tout… Mais rien n’est centralisé. Il faut presque chercher l’information car rien n’est vraiment, et correctement centralisé (plusieurs productions différentes…).

    Centralisation de la production. La solution ? Oui pour ceux qui n’ont pas les moyens de la réaliser ;-)

    Parce que l’inconvénient, c’est que si cette production est disparate, l’évènement perd en visibilité, je trouve, puisque l’info est non poussée vers le spectateur.

  10. monsieurjojo dit :

    « Je sais que de nombreux sponsors travaillent sur ce point »

    Concernant cette phrase, as-tu la possibilité de préciser Sébastien ?

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